Avocat Violence conjugale, Conseils en cas de violences conjugales.

Abus sexuel

 

Qu'est ce que l'abus sexuel ?

Un abus sexuel est toute contrainte (verbale, psychologique ou visuelle) ou tout contact physique, par laquelle une personne se sert d'un enfant en vue d'une stimulation sexuelle.

Le viol, l'inceste, les attentats à la pudeur sont interdits par la loi (articles 331 et 333 du Code pénal). La peine est aggravée lorsqu'il s'agit d'un mineur (enfants de moins de 15 ans) ou lorsque l'agresseur est un ascendant ou une personne ayant autorité sur l'enfant. Elle peut aller jusqu'à 20 ans de prison.


Quelques chiffres

1 fille sur 25 et 1 garçon sur 33 déclarent avoir subi un viol ou un inceste,
1 fille sur 8 et 1 garçon sur 10 sont victimes d'abus sexuels avant l'âge de 18 ans,
1 agresseur sur 4 est un membre de la famille,
1 agresseur sur 2 est un ami ou une connaissance de la famille,
8 fois sur 10, l"enfant est victime d'abus sexuels répétés,
97 % des abuseurs sont des hommes.
Les enfants ont, en général, entre 4 et 11 ans, 22 % moins de 6 ans.

L'abus sexuel d'un enfant a lieu le plus souvent au sein même de la famille, par un parent, un beau-parent, un frère ou une soeur, le beau-père ou d'autres familiers, ou en dehors de la famille, par exemple par un ami, un voisin, une personne en charge de l'enfant, un professeur ou un agresseur inconnu. L'agression a lieu le plus souvent dans des endroits considérés comme sûrs (la maison, l'école, réunion familiale).
Ce n'est pas toujours un acte physiquement violent : les promesses et les menaces sont utilisées, le secret est souvent exigé. Quoi qu'il en soit, quand un abus sexuel a été perpétré, l'enfant développe des troubles psychologiques qui apparaissent sur le moment, à l'adolescence ou même à l'âge adulte.

Aucun enfant n'est préparé psychologiquement à faire face à des stimulations sexuelles répétées. Même un enfant de 2 ou 3 ans qui ne peut pas savoir que cette activité sexuelle "c'est mal", va développer des problèmes résultant de son incapacité à faire face à cette sur stimulation.
L'enfant de 5 ans ou plus qui connaît l'abuseur et qui y est attaché, se retrouve pris au piège entre l'affection et la loyauté qu'il éprouve pour cette personne et le sens qu'il a que cette activité sexuelle n'est vraiment pas bonne. Si l'enfant essaye d'échapper à la relation sexuelle, l'abuseur peut menacer l'enfant de violence ou d'abandon. Quand l'abus sexuel a lieu dans la famille, l'enfant peut craindre la colère, la jalousie, ou la honte d'autres membres de sa famille ou avoir peur que sa famille éclate si le secret est dévoilé.
Les abuseurs sont souvent des proches avec lesquels l'enfant entretient une relation affective. De ce fait, il ne pourra pas dire "non". Il ne connaît pas encore ses propres limites.

Un enfant victime l'abus sexuel prolongé développe en général une mauvaise estime de lui-même, le sentiment d'être "bon à rien" et une conception anormale de la sexualité. L'enfant peut se replier sur lui-même, il peut s'avérer incapable d'accorder sa confiance aux adultes et éventuellement, il deviendra suicidaire. Il présente, souvent, un choc psychologique se traduisant par de l'anxiété, un état dépressif, des cauchemars... Ce comportement nécessite une psychothérapie.

Certains enfants qui ont été abusés sexuellement, ont du mal établir des relations avec d'autres, sauf sur le plan sexuel. Certains enfants abusés sexuellement deviennent à l'âge adulte, eux-mêmes des abuseurs ou des prostitués ou des personnes avec de sérieux problèmes.

 

A quels signes voient-on qu' un enfant est ou a été victime de violences sexuelles ?

Comme la plupart des enfants reçoivent de leur agresseur la consigne de ne pas révéler leur secret, les indices ne sautent pas aux yeux.
Faites preuve d'une vigilance particulière si :
- l'enfant a peur d'une personne ou d'un endroit en particulier,
- qu'il fait des dessins tourmentés,
- si son comportement ou ses résultats scolaires changent brutalement,
- s'il porte un intérêt inhabituel ou un évitement de tout ce qui est de nature sexuelle,
- s'il a des problèmes de sommeil, des cauchemars,
- mouille son lit ou dit qu'il ne peut pas dormir,
- une dépression ou un retrait social et familial,
- un caractère séducteur,
- s'il la la conviction que son corps est sale ou abîmé,
- un refus d'aller à l'école, un problème de délinquance,
- un caractère secret,
- l'existence de thèmes d'agression sexuelle dans les dessins, les jeux, les fantaisies,
- une agressivité inhabituelle,
- un comportement suicidaire.

Ceux qui abusent sexuellement des enfants peuvent faire que l'enfant ait extrêmement peur de le dire et ce n'est que quand un effort particulier a été réalisé pour que l'enfant se sente en sécurité qu'il le dira librement.

Si vous n'avez que de simples soupçons, essayez de faire parler l'enfant. Dites-lui que personne ne lui fera de mal s'il révèle un secret.
Vous devez insister sur le fait que ce qui est arrivé n'est pas sa faute.

 

Il existe quelques mesures de prévention que les parents peuvent utiliser :

Dire à l'enfant "si quelqu'un essaye de toucher ton corps ou te fait des choses qui te font te sentir drôle, dit NON à cette personne".
Lui dire aussi qu'il a le droit de refuser une proposition d'un adulte même s'il le connaît et qu'il n'est pas impoli de refuser d'accompagner un adulte quelque part.
Apprendre à l'enfant que le respect dû aux adultes et le respect de l'autorité ne signifie pas l'obéissance aveugle.

L'évaluation professionnelle et le traitement aussi précoce que possible de l'enfant abusé sexuellement et de sa famille sont la meilleur façon d'éviter que l'enfant ne développe des problèmes graves à l'âge adulte. Le psychiatre d'enfant et adolescent aide l'enfant à retrouver l'estime de lui-même et allège les sentiments de culpabilité liés à l'abus. Il aide les membres de la famille à comprendre comment assister l'enfant afin qu'il dépasse ce traumatisme et, si l'abuseur est un membre de la famille, il travaillera dans le sens de le ou la restituer dans un rôle sain dans cette famille.

Pourquoi une victime a-t-elle tant de mal à parler de ce qu'elle a subi ?

Elle peut mettre beaucoup de temps pour réaliser qu'elle a été abusée. C'est souvent une dépression qui l'incitera à accepter d'en parler. Elle se sent coupable et elle essaie d'oublier l'abus. Elle a honte. La victime s'attribue une part de responsabilité d'avoir été abusée alors elle en vient à se mépriser.

 

COMMENT RÉPONDRE A L'ABUS SEXUEL D'UN ENFANT

Quand un enfant dit à un adulte qu'il ou elle a été abusé(e) sexuellement, l'adulte peut se sentir mal et ne pas savoir quoi dire ou quoi faire. Cet ensemble de "mesures à prendre" a été conçu afin de pouvoir apporter une réponse aux enfants qui ont été abusés sexuellement.

 

Quoi dire à l'enfant

Si un enfant exprime même de manière vague qu'un abus sexuel a eu lieu, encouragez-le à en parler librement et rassurez-le.
Dîtes-lui qu'il n'est pas responsable et que c'est l'agresseur qui n'est pas bien dans sa tête.
Assurez-lui qu'il n'est pas coupable et que c'est interdit par la loi et que vous devez le dire à la police.

Montrez que vous avez compris et prenez au sérieux ce que l'enfant est en train de dire. En effet, les psychiatres d'enfants et adolescents ont constatés que les enfants qui sont écoutés réussissent mieux que les autres. La réponse donnée lors de la révélation de l'abus sexuel joue un rôle essentiel dans la capacité qu'aura l'enfant de calmer le traumatisme de l'abus sexuel.

Rassurez l'enfant qu'il ou elle a bien "fait ce qu'il faut" en en parlant. En effet, s'il est un proche de l'abuseur, l'enfant peut se sentir coupable de révéler ce secret. Il peut avoir peur des représailles, si l'abuseur l'a menacé s'il révélait ce secret, de lui faire du mal ou de faire du mal à un autre membre de sa famille.

Dites à l'enfant qu'il ou elle ne peut pas être tenu(e) pour responsable de l'abus sexuel. La plupart des enfants, dans leur tentative pour donner du sens à cet abus vont croire que, d'une façon ou d'une autre, c'est arrivé à cause d'eux ou bien que c'est une forme de punition pour des fautes imaginaires ou réelles.

Pour finir, offrez à l'enfant une protection et la promesse que vous allez rapidement mettre en oeuvre des mesures afin d'être à même de constater que l'abus a cessé.

 

Quoi faire ?

 

Signalez toute suspicion d'abus sexuel.

Si l'abus a lieu à l'intérieur de la famille, signalez-le à l'inspecteur du service départemental de l'aide sociale à l'enfance, au médecin responsable du service de Protection maternelles et infantile.
Si l'abus est extra-familial, signalez-le à la police, au procureur de la République.

 

Même si la plupart des allégations d'abus sexuels provenant des enfants sont vraies, des accusations mensongères peuvent être portées, en particulier lors de conflits pour le droit de garde des enfants.

Quand un enfant est appelé à témoigner, certaines dispositions peuvent être prises afin de rendre cette expérience beaucoup moins stressante : l'utilisation de bandes vidéo, les arrêts fréquents, l'exclusion des spectateurs ou le choix de ne pas regarder l'accusé.

En raison de leur maturité et de leur savoir, ce sont les adultes qui doivent être tenus pour responsables quand ils abusent un enfant. L'enfant abusé, lui, ne doit jamais être considéré comme responsable. Quand un enfant parle à quelqu'un d'abus sexuels, c'est en lui répondant, en lui offrant attention et soutien, au cours de cette première étape pour obtenir de l'aide que cet enfant commencera à rétablir sa capacité de confiance en les adultes

 Selon un rapport de l'l'Académie Américaine de Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent

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