Fillon : «rien ne serait pire qu'un changement de cap»

François Fillon tient bon la barre du navire gouvernemental. Traduction : dans un climat social tendu, pas question d'évoquer un éventuel «changement de cap» ou encore «une absence de décision». «Rien ne serait pire», tranche clairement le premier ministre dans Le Monde de lundi. «Il n'y aura pas de tournant de la politique économique et sociale», prévient-il dans cet entretien, ajoutant que «cela n'empêche évidemment pas qu'il y ait place pour le dialogue et la concertation». Car selon le chef du gouvernement, «le mouvement de jeudi - un vrai progrès démocratique, à savoir un mouvement social responsable, sans paralysie - exprime majoritairement une inquiétude devant la crise, mais sans qu'il s'en dégage un message très précis ni des propositions claires et cohérentes. Cette inquiétude n'a rien d'étonnant car la crise est profonde», reconnaît-il. François Fillon note que de la «colère» s'est exprimée dans les cortèges «contre ceux qui sont à l'origine de la crise», et y voit même «une forme de soutien exigeant aux initiatives que la France a prises pour engager la refonte des institutions financières internationales». Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux confirmé Et maintenant ? Questionné sur l'ordre du jour de la prochaine rencontre à l'Elysée entre Nicolas Sarkozy et les syndicats, il dit souhaiter qu'y figure «dans l'ordre des urgences» le «suivi de la réforme de la formation professionnelle», le «renforcement du dialogue social dans les petites entreprises», le «suivi des restructurations et du plan de relance», ainsi que le «suivi des plans sectoriels». Le gouvernement compte ainsi «rebâtir l'agenda social» avec les partenaires sociaux en tenant compte notamment «de leurs propres revendications», comme le déclare François Fillon dans un autre entretien publié lundi dans Le Progrès de Lyon. A la question de savoir si le gouvernement comptait poursuivre en 2010 la réduction du nombre de fonctionnaires en ne remplaçant pas un départ à la retraite sur deux, il répond par l'affirmative. De quoi fortement irriter des syndicats chauffés à blanc, et qui doivent décider aujourd'hui de la suite à donner à leur mouvement. «Nous allons continuer à réformer l'Etat», martèle le premier ministre, avant d'ajouter : «Vouloir améliorer la situation financière du pays et la compétitivité de notre économie, et réformer l'organisation de notre territoire, sans toucher à l'Etat, c'est une impasse». Un choix qui n'est autre qu'une promesse de campagne du candidat Sarkozy, mais aussi l'anticipation d'une croissance qui sera révisée à la baisse en 2009 : le gouvernement table toujours sur une fourchette comprise entre +0,2% et +0,5%, alors que le Fonds monétaire international (FMI) prévoit -1,9%. Le chef du gouvernement doit enfin annoncer ce lundi le détail des projets inscrits au plan de relance de 26 milliards, à l'occasion d'un comité interministériel réuni à Lyon. Il cite notamment les chiffres de 870 millions d'euros pour les transports, 731 millions dans l'enseignement supérieur et l'université, 70 millions pour les maisons de retraite et les établissements pour handicapés, ou encore le financement de «100.000 logements de plus». » Hortefeux assure tenir compte des inquiétudes Les autres déclarations de François Fillon : > Grève générale en Guadeloupe. François Fillon demande que «le bon sens s'impose et que les blocages s'arrêtent, car ils créent une situation insupportable pour les habitants et dangereuse pour l'économie». > La réplique au Parti socialiste. Le chef du gouvernement ironise : «Le PS français est, à ma connaissance, le seul parti de gauche en Europe qui ait voté contre le plan de relance de son propre pays. Il y a des moments où la logique partisane mériterait de s'effacer devant l'unité nationale. François Hollande a appelé à un Grenelle de la relance, mais c'est d'un Grenelle du PS dont les socialistes ont besoin. Ils ne peuvent pas continuer à nous féliciter en privé du plan de relance pour le critiquer en public». > Le départ de Rachida Dati. La Garde des Sceaux, désignée par l'UMP pour prendre la deuxième place de sa liste en Ile-de-France pour les élections européennes du 7 juin, devrait rester au gouvernement «jusqu'en juin». Les ministres élus au Parlement européen doivent abandonner leur maroquin pour pouvoir siéger à Strasbourg. Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier, tête de liste UMP en Ile-de-France, avait indiqué le 25 janvier qu'il quitterait son ministère début mai. lefigaro.fr


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